Connaissez-vous le Graoully?


créatures / samedi, novembre 30th, 2019

Récemment, j’ai découvert une nouvelle créature légendaire: le Graoully.

C’est un monstre très intéressant car il est porteur de plein de symboliques, au niveau religieux, politique et folklorique. Il constitue donc une source d’inspiration intéressante pour la création d’univers de fiction.

Et cocorico, il s’agit d’une créature française! De Metz pour être précis.

Pour rappel, je ne suis pas mythologue ni historien, et je n’habite pas à Metz donc n’hésitez pas à me corriger si je dis des bêtises. 🙂

La légende du Graoully

Une image représentant une procession célébrant la mort du Graoully à Metz.
Bois de E. Ströhäcker, d’après un dessin d’Horace Castelli

Comme souvent avec les monstres légendaires, on trouve plusieurs variantes de l’histoire.

Selon une des légendes, il y a fort longtemps, un dragon aux pattes courtes s’était installé dans l’amphithéâtre de Metz.

Au crépuscule, il sortait de son antre, déployait ses ailes dentelées et dévorait en vol les habitants qui avaient eu le malheur de s’aventurer dehors.

On l’appelait le Graoully.

Aucune arme ne semblait pouvoir percer ses écailles. Telle une ombre mortelle, il fauchait la population, sans que personne ne puisse y faire quelque chose.

Mais un beau jour, au IIe siècle, saint Clément fut envoyé par saint Pierre à Metz pour transmettre la parole divine. Il trouva la ville dans un grand désarroi. Là-bas, un soldat messin se confia à lui et lui demanda de les sauver du monstre.

Saint Clément se rendit dans l’amphithéâtre où le Graoully régnait en maître sur une faune de serpents. D’un premier signe de croix, il fit fuir tous les serpents. D’un deuxième, il immobilisa le dragon aux écailles invincibles.

Enroulant son étole autour du cou de la bête, il traîna le monstre jusqu’à la Seille et le noya dans la rivière. On entendit alors plus jamais parler du Graoully.

La symbolique du Graülich

Une image représentant saint Clément menant le graülich à la rivière avec son étole
saint Clément menant le Graoully à la Seille

Ce qui est intéressant avec cette créature, c’est sa symbolique. D’abord, son nom, Graoully, dériverait de l’Allemand Graülich (“monstrueux”).

Ensuite, selon toute vraisemblance, il s’agirait d’une histoire inventée pour asseoir le Christianisme face aux anciens cultes païens. Le dragon faisant allusion au serpent tentateur du jardin d’Eden (le démon/les païens).

À l’inverse, saint Clément, représente la foi qui sauve. Elle protège les habitants du mal, contrairement à la foi païenne qui favorise le démon/dragon.

Enfin, saint Pierre, est dans la religion Chrétienne le bâtisseur d’Église. La symbolique de la légende est donc claire: saint Pierre a envoyé saint Clément fonder une église et s’en remettre à elle permet de se protéger du mal.

Intéressant, n’est-ce-pas?

Pour vos histoires, vous pouvez tout à fait exploiter un monstre comme symbole politique, ou, comme nous allons le voir maintenant, pour agrémenter votre folklore.

Le dragon de Metz

L'effigie du Graoully de l'église St-Etiennne
Le Graoully de l’église St-Etienne

La légende du Graoully a eu un impact sur la culture et le folklore messin. En effet, entre le IIe siècle et la révolution française, une procession célébrant la mort du monstre avait lieu tous les ans.

Pour l’occasion, on sortait une effigie à l’image du monstre que les enfants pouvaient fouetter ou insulter.

Aujourd’hui, une course nocturne rend hommage à la légende du dragon et un parcours touristique a été créé.

On retrouve le Graoully dans plusieurs blasons de la ville et surtout à l’intérieur de la cathédrale St-Etienne.

Une effigie orne même la rue Taison, portant son nom en référence à la terreur des citoyens qui murmuraient en sortant de chez eux “taisons, taisons-nous”.

Tous ces éléments font du Graoully plus qu’un opposant mais un symbole de l’identité d’une ville.

Voilà, cet article est terminé, j’espère qu’il vous aura donné des idées pour vos romans. Pour plus d’inspiration, je vous redirige sur une créature encore moins connue: l’éale.

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