Interview de Léa du blog Le Bazar de L’Imaginaire


collaborations / vendredi, juin 8th, 2018

Salut ! Aujourd’hui, je vous propose un format un petit peu spécial. Nous avons décidé de vous proposer une interview croisée avec ma collègue blogueuse Léa du Bazar de L’Imaginaire. Comme nous apprécions nos travaux respectifs, on s’est dit qu’on avait envie d’en découvrir un peu plus l’un sur l’autre. On a donc prévu des questions sympas (en tout cas, on l’espère) que l’on souhaite vous partager.

Vous pourrez retrouver mon interview sur le site de Léa. Pour l’heure, je vous propose de découvrir l’interview de Léa la créatrice du Bazar de l’Imaginaire.

 

1- parle nous de toi et de ton parcours

A la base, je suis une linguiste. J’ai étudié l’anglais et le chinois à la fac et j’ai fait quelques années d’étude à l’étranger. En Chine et en Nouvelle-Zélande. J’ai toujours écrit. Toujours, toujours. Mais j’étais persuadée que que j’y arriverai pas, que c’était juste une lubie et non pas un véritable projet professionnel.

Ce n’est que deux ans plus tôt quand j’ai trouvé un travail de grande personne dans un open space à côté de Rennes que j’ai réalisé que … Non.

Non.

J’étais pas faite pour ça. Je voulais écrire. C’était la seule chose qui m’intéressait. Qui me passionnait. Alors j’ai quitté mon travail, mon logement et je suis repartie en voyage en Europe Centrale pendant un mois. A mon retour, j’ai commencé à écrire. Pour de vrai, cette fois. J’ai réalisé la difficulté du truc, mais je continue de bosser d’arrache-pied pour donner naissance à un vrai projet.

 

2- quels livres t’ont donné envie d’écrire?

Je pense que le premier livre, ça devait être la trilogie de Philip Pullman, la Croisée des Mondes. Je me rappelle que je devais avoir 9 ans quand je l’ai lu et que je n’avais rien compris du tout, mais que j’étais complètement transportée quand même.

Après ça, je n’avais plus qu’une envie : écrire. (évidemment, j’ai relu Philip Pullman depuis, et j’ai compris l’histoire!)

J’ai énormément écrit jusqu’à mes 19 ans, quand j’ai découvert les ouvrages de Gabriel Garcia Marquez. Ca, ça a été un choc. Un. Vrai. Putain. De. Choc. C’était une rencontre merveilleuse, j’ai découvert une nouvelle façon d’écrire, de conter, d’emmener ton lecteur comme on emmène quelqu’un en promenade dans une barque.

 

3- quels livres t’ont carrément découragé?

La Horde du Contrevent. Damasio m’a ébloui par sa capacité à raconter une histoire aussi dense, à jouer avec le rythme, et même la mise en page. Le gars jongle avec plus de dix narrateurs différents, et chacun a une véritable voix, un style qui lui est propre. Il y a de ces auteurs qui t’en mettent tellement plein la vue que tu te dis que tu ferais mieux de ranger ton crayon et tout arrêter.

 

4 – Quel sont les romans qui t’influencent le plus en tant qu’auteur ?

C’est par période. Mais je dirais que des romans qui m’ont énormément influencé sont des auteurs comme John Irving ou Jonathan Coe, à l’époque où je savais pas encore trop écrire. L’un comme l’autre m’ont fait rire et m’ont fait rêver. Ils ont une telle manière de te plonger dans leur histoire, d’aborder des personnages, de leur donner vie… Je trouve ça incroyable.

Et aussi, il y a Pratchett. J’ai pas lu tout Pratchett, mais chaque livre que j’ai lu de lui m’a fait hurler de rire. Et j’ai l’impression que la littérature, avec un grand L manque trop d’autodérision et d’humour. J’ai envie de prendre l’écriture avec légèreté. Pas de systématiquement me sentir raide et sous pression quand j’écris.

5- As-tu un livre sur l’écriture préféré ?

Aem… Non. Pas vraiment. Pour l’instant, j’en ai lu assez peu. Et c’est une erreur. Je pense qu’à moins d’avoir un soupçon de génie et un instinct de malade, il faut se renseigner autant que possible sur l’écriture, avant et pendant qu’on écrit.

Etre auteur, c’est un métier, et ça s’apprend. Bref.

Pour l’instant, l’auteur qui m’a le plus influencée sur l’écriture et la créativité en général, c’est Elizabeth Gilbert et son « Big Magic ». Elle désacralise et resacralise l’écriture. Elle dit que l’écriture est importante, mais qu’elle ne vaut rien. Et son point de vue m’a aidé à me soulager de la PRESSION ENORME et du perfectionniste qui m’accompagne dans l’écriture.

 

6- parle nous de ton projet en cours

J’ai du mal à le mettre dans une case. Je dirais que du mystère, mais aussi du fantastique, peut-être un peu steampunk… C’est l’histoire d’un nécromant dépossédé de ses pouvoirs qui décide de réveiller une très vieille magie pour venger sa famille et ses amis massacrés par un dirigeant tyrannique.

J’ai écrit le premier jet l’été dernier, un peu sur un coup de tête. J’avais rien d’autre à faire, et l’été était long, alors je me suis lancée dans cette histoire un peu par hasard. Je suis actuellement au beau milieu des corrections et je réalise que de corriger un roman… ça a juste rien à voir avec le fait de l’écriture.

 

6.5- de tous les personnages que tu as créé, lequel préfères-tu?

Je dirais… Alistair.

Alistair est un des premiers personnages que j’ai inventé. Il est grand, maigrichon et il a le nez de travers. Il est le genre de personne qui s’oublie totalement quand il s’agit de protéger ceux qu’il aime. Sa vie n’a pas vraiment de valeur pour lui, il est peut-être un peu dépressif. Mais il a un humour pince sans rire que j’adore. C’est aussi quelqu’un de très intelligent, mais qui est persuadé d’être stupide (syndrome du surdoué, bonjour). Je l’aime parce qu’il me fait rire, qu’il est maladroit et qu’il ne s’énerve jamais, sauf quand il n’arrive pas à dessiner correctement les portraits de la fille dont il est amoureux.

 

7- Si ton travail devait être un personnage de fiction ce serait?

Jack Torrance de Shinning (Stephen King, le roi). Parce que quand j’écris, au début, ça va. J’ai la tête froide, je suis contente. Je me contiens. Et plus je m’enfonce dans mon projet, plus je deviens tarée. J’ai la tête sous l’eau, j’oublie tout et je deviens folle et je massacre les gens avec une hache.

Depuis, j’ai appris à prendre de la distance, hein. Et je suis gentille, en vrai!

 

8- Quel est ton point fort dans l’écriture?

J’écris vite ! J’ai une capacité à produire énormément de mots en très peu de temps.

 

9- Ton point faible?

Je veux aller trop vite ! J’écris vite et parfois et j’oublie l’importance de prendre son temps. De laisser reposer son texte, de prendre de la distance. J’ai réalisé il y a pas si longtemps que l’écriture était un marathon, pas un sprint. Et que si je continuais de tirer sur la corde, j’allais non seulement m’épuiser, mais pire encore : produire de la merde.

 

10- Y a-t-il un genre que tu préfères écrire ?

Je suis une grande fan de fantastique. Mais moins de fantasy. J’aime en lire, mais je ne me vois pas en écrire. Je laisse ça aux vrais professionnels. J’aime l’idée du quotidien peu à peu envahi par le rêve, par l’impossible. J’aime que la frontière entre le réel et le cauchemar soit très mince. Je me vois très bien écrire dans cet entre deux. Réel, fantastique, rêve, cauchemar.

 

11- Si ton style d’écriture était un pokemon ce serait ?

Au risque de me faire des ennemis, je … Je ne joue pas à Pokémons. Ni aux jeux vidéos en général. C’est pas que j’aime pas, au contraire. Je pense que j’adorerais ça. Mais je suis une vraie putain de monomaniaque. La dernière fois que j’ai joué à un jeu vidéo, j’ai passé des semaines dessus. Je sortais plus, je mangeais plus. Je ne me lavais plus. Un vrai cliché. Mets-moi devant un jeu et je me transforme en mollusque. Alors… je… je m’y risque plus. Je me préserve. Donc… Voilà…

 

12- Le cliché qui t’énerves le plus dans la littérature ?

Je suis une fille et je suis très, très sensible au traitement des femmes dans la fiction. J’ai fait tout un article dessus. Mais je dirais que celui qui m’agace le plus, c’est la Femme Solitaire.

La femme solitaire, c’est quand, dans une œuvre, il n’y a que des bonhommes, sauf UNE femme. C’est la fille de l’histoire. Elle est là pour ajouter un peu d’équité et elle sert aussi de love interest au personnage principal à qui elle donne la parole. Et c’est souvent le même genre de personnage. La « femme forte » (encore un cliché qui m’agace), intelligente, qui sait à peu près se défendre, mais a quand même besoin d’un bonhomme pour la tirer d’affaire. C’est beurk.

 

13- Tu es plutôt édition classique ou autoédition?

Oula… Ca, ça mérite un article entier !

Mais je vais faire court. Les deux ont des avantages qui m’attirent et des inconvénients qui me font tiquer. Je dirais que ce qui m’agace dans l’édition classique, c’est le manque total de transparence. En tant qu’auteur, on est conservé un peu à l’écart de tout le processus vente et marketing. Ce qui n’est pas du tout le cas avec l’autoédition où on est maître à bord.

L’autoédition a le mérite de la transparence, de proposer des revenus décents à condition de produire un boulot massif de marketing et de correction.

Pour moi, la réponse n’est pas encore claire. Je suis loin d’avoir un projet assez abouti pour le proposer à une maison d’édition ou à une plateforme de publication. J’oscille d’un côté, puis de l’autre depuis plusieurs mois. J’imagine que bon… on verra!

 

14- En dehors de l’écriture, tu aimes faire quoi?

Je suis une ermite ! Je ne sors de chez moi que si je suis obligée par les lois de la biologie qui me réclament de prendre le soleil de temps en temps. Je suis une vraie monomaniaque : quand je suis sur mon projet, je ne fais que ça.

J’ai peut-être besoin d’une vie, quand même. Je vais essayer de me mettre au macramé.

 

15- Des sites/ des chaînes you tube que tu peux conseiller aux auteurs qui nous lisent ?

Les miens, évidemment! Haha.

En chaîne youtube, les plateformes anglo-saxonnes sont au taquet. Je suis fan de la chaîne de Jenna Moreci, évidemment, sans qui j’aurais jamais rien compris à l’écriture. Samantha Bailly aussi a une chaîne passionnante sur l’écriture, le monde de l’édition et l’envers du décor de la vie d’auteur.

Pour les blogs, je suis encore en pleine découverte, je suis encore un bébé blogueur, j’ai commencé en janvier dernier. Ecrivain alchimiste a des articles pire que propres que j’adore parcourir. L’astre et la plume aussi m’a fait rêver avec ses articles sur les fichier Excel et sur l’importance d’être méga organisée quand on écrit. Merci Astrid.

Et toi Martin, celui qui épluche tous les bouquins sur l’écriture pour détailler des théories méconnues, et qui EN PLUS, fabrique tes propres théories… Chapeau bas!

 

16- Pourquoi doit-on absolument visiter ton blog?

Parce que j’essaie d’aller droit au but. Il y a des centaines de blogs en ligne qui détaillent méticuleusement le processus d’écriture. Qui donnent des conseils en or. Mais j’essaie de me démarquer avec des articles plus courts et plus pédagogiques sur des thèmes précis. Je ponctue tout ça avec des articles plutôt « réflexion » sur le rapport que j’entretiens avec l’écriture.

 

17- Penses-tu que Hermione aurait été mieux en couple avec Drago Malefoy?

Non ! Je pense que ça aurait été une relation dramatique et malsaine, un mélange entre Roméo et Juliette et 50 Shades of Grey. Le genre de trucs qu’on lit déjà beaucoup trop dans les romances New Adult. Mais Drago aurait grandi au contact d’Hermione. Il serait devenu meilleur. Mais Hermione ne serait fait chier, elle est mieux avec Ron. Il la canalise et il l’adore. Les relations saines, c’est bien !

 

18- As-tu un héros/ une héroïne de fiction préférée ?

Je vais tricher et je ne vais pas parler bouquin, mais série!

Un personnage que j’adore et qui me paraît foutrement bien écrit, c’est Nora Durst de la série The Leftovers. Nora est ultra complexe. Une force tranquille, un calme apparent qui dissimule un deuil, une colère et un sentiment d’injustice dont elle est incapable de se remettre. C’est clairement le genre de personnage que j’aimerais être capable d’écrire. Et cette série est incroyable.

 

19- Est-ce que tu as une actualité sur laquelle tu souhaites communiquer ?

Euh… Oui ! J’ai récemment repris ma chaîne, et je fais des vidéos sur l’écriture avec un son CORRECT ! Ce qui change de mes dernières vidéos. Je compte balancer du contenu toutes les semaines. Les vidéos sur l’écriture ont changé ma vie, alors je m’en inspire pour rendre la pareille.

 

20- Pour finir, as-tu des conseils pour les jeunes écrivains qui souhaitent se lancer?

A peu près un milliard de conseils, oui.

– Prends ton temps, par pitié, prends ton temps.

– Ecris comme tu veux, emploie les mots que tu veux, parle du sujet que tu veux et ne te laisse pas influencer par les autres.

– N’attends la permission de personne pour écrire.

– Commence et si tu as l’impression d’écrire de la merde, dis-toi que c’est toujours mieux que de ne rien écrire du tout.

 

Cette interview s’achève ici. Si elle vous a plus, n’hésitez pas à la commenter et à la partager.

Bonne journée !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

j'ai lu la politique de confidentialité (à cocher avant de poster un commentaire).