Interview de Ena L. auteure de « Là où tu te perdras »


collaborations / lundi, juin 18th, 2018

Bonjour les écrivains! Nouvelle interview sur le blog! Aujourd’hui, je reçois l’auteure Ena L. Nous allons parler processus d’écriture, caractérisation des personnages et édition. Alors si ça vous intéresse, ça se passe en dessous.

 

Le 10 juillet 2018 sort ton roman « Là où tu te perdras » aux éditions Sharon Kena, pourrais-tu nous parler de ton processus de création ?

Bonjour bonjour déjà, et merci pour ton intérêt, tu es mon premier interviewer, ça me donne l’impression d’être importante d’un coup ! ^^

Bref, pour répondre à ta question, j’ai des idées de romans pour les vingt années à venir, au moins ! Je les note dans mon livre d’or, elles m’attendent bien sagement. Dès que je termine d’écrire, je choisis parmi les idées qui me tentent le plus, et j’élabore une structure précise. Pas question de se lancer dans un roman sans avoir un plan détaillé ! (Ça doit me venir pour ma passion ancienne des dissertations de lettres !) Les choses vont invariablement évoluer au fil de l’écriture, je me surprends moi-même bien souvent, mais le cadre reste le même, et le gros des chapitrages aussi. C’est le travail le plus rébarbatif et le plus difficile de l’écriture d’un roman, mais une fois que c’est écrit, ça roule tout seul.

 

En moyenne, combien de temps prends-tu pour écrire un roman ?

Ça dépend bien sûr du roman, mais si je calcule par rapport aux trois livres qui vont sortir cette année, je dirais en moyenne entre un mois et demi et deux mois. Je ne compte pas la relecture et la correction derrière (qui prennent à elles seules un bon mois) parce que je m’en occupe en simultané avec l’écriture d’un nouveau roman. Dès que j’en termine un, je recommence. Question d’habitude ou de besoin, va savoir !

 

As-tu des trucs pour dégager plus de temps pour l’écriture sans pour autant vivre recluse dans une grotte en marmonnant du Babylonien?

Ha ha ha ! Ça a son charme le Babylonien ! Mon seul truc, c’est la  discipline d’écriture. Je suis ce qu’on appelle une « feignasse » pour un bon nombre de choses, mais pour écrire, j’ai un temps imparti chaque jour (oui, même le week-end) et je ne déroge pas à la règle. Entre nous soit dit, je n’ai pas beaucoup le choix non plus, j’ai une famille qui réclame de l’attention, j’ai donc des horaires qui me permettent de redevenir ermite asociale une fois par jour.

 

Pendant l’écriture les auteurs sont souvent influencés par une myriades de choses, est-ce que c’est ton cas ?

Cette question est tellement intéressante, et tellement difficile ! Je n’ai aucune idée d’où me vient l’inspiration, mais alors aucune (Dois-je rajouter manque d’imagination lorsqu’il s’agit de répondre aux questions intelligentes ?)! La seule piste que je puisse avancer, c’est que ma tête déborde de personnages depuis toujours et qu’ils ont, comme qui dirait, leur propre vie à l’intérieur. Ils ont besoin d’exister ailleurs et dans des situations différentes, alors je les couche sur papier. Oui, bon voilà, tu as le droit d’appeler les urgences psychiatriques maintenant.

 

Quand tu écris comment travailles-tu ton style ?

Je ne fais pas du tout attention au style. Tout le monde le comprendra en lisant mes textes, je ne fais pas dans la belle description avec de grands mots métaphysiques, je suis incapable de me forcer à employer des mots compliqués juste pour que ce soit plus relevé. Je fais simple, avec mes mots. On peut me reprocher un style un peu enfantin peut-être, mais je préfère sincèrement la simplicité à la grandiloquence. Je n’ai rien contre, je laisse ça aux auteurs qui savent manier les mots mieux que moi. Ma force à moi, c’est plutôt l’intrigue et la recherche des personnages.

 

La caractérisation des personnages n’est jamais chose aisée dans un roman. Comment abordes-tu cette problématique?

C’est justement ce que je préfère. C’est pour moi une évidence, et pas une difficulté, en réalité. J’ai déjà commencé à te parler de mon esprit bizarre peuplé de personnages, eh bien ils sont nombreux et ont tous déjà des caractères propres. Pour la majorité d’entre eux, ma cousine et moi les avons créés lorsque nous étions adolescentes. Bien évidemment, ils ont évolué avec nous, mais il n’empêche qu’ils ont déjà un physique, une personnalité. Il me suffit de les placer dans un roman, je connais déjà leurs réactions, leurs façons de parler, leurs attitudes. Je sais, j’ai un cerveau amusant.

 

Si tu étais un personnage de série tu serais ?

Houlààà c’est dur ça ! J’adore les séries, alors choisir va être compliqué. Je dirais Jon Snow (Game of thrones) si j’étais un mec, j’adore les héros froids torturés ! Plus ils souffrent et plus je les aime ! Mais bon comme je suis une femme, je pense à Buffy Summers évidemment, mon héroïne de l’adolescence, rebelle, forte, et avec de l’humour. La guerrière des temps modernes !

 

Tu ne fais pas mystère de ta passion pour un certain manga sur les réseaux sociaux. Aussi, je me demande s’il y a des mangas qui t’inspirent pour ton travail et si oui lesquelles ?

Aaaah les mangas et surtout celui dont tu parles !! Ne cachons pas son nom : Tokyo Ghoul mérite la lumière ! ^^ Je ne m’inspire pas vraiment des mangas, ni des films ou des bouquins en général, mais ce que j’aime dans le manga, c’est qu’il y a souvent des personnages qui ressemblent aux miens : extravagants, torturés, un peu irréels finalement. Outre Tokyo Ghoul, je peux citer Death Note, Gals, L’attaque des titans, Mirai Nikki… J’admire profondément le travail des auteurs.

 

Pour finir, as-tu des conseils pour des auteurs qui souhaitent se faire éditer ?

Je ne me permettrais pas de donner des conseils, étant donné mon statut de novice, mais je ne peux qu’encourager les auteurs à partager leur travail. Allez va, je vous livre mes trois mantras : beaucoup travailler, toujours y croire, et sourire en levant la tête. Il y aura toujours des critiques, on ne peut pas plaire à tout le monde et il faut l’accepter avant même de proposer son livre aux éditeurs. Mais sachez que votre point faible chez un lecteur sera peut-être votre point fort chez un autre, et ça, c’est juste merveilleux !

 

Cette interview s’achève ici. Si vous voulez découvrir la plume d’Ena, vous pourrez retrouver son livre sur le site des éditions Sharon Kena.

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A bientôt!

3 réponses à « Interview de Ena L. auteure de « Là où tu te perdras » »

  1. Un ou deux mois seulement pour écrire un livre ??! O_O Wow, alors là je suis très impressionnée. De quel type de romans s’agit-il ? Plutôt fantasy, plutôt policiers, plutôt contemporains ? Sont-ils longs ou courts ?
    Dire que je suis sur le même romain depuis dix ans et que le prochain mûrit depuis à peine quelques années de moins dans ma tête …

    Je trouve ça dommage de se préoccuper aussi peu du style. Sans aller forcément jusqu’à employer un vocabulaire compliqué ou des descriptions abstraites, il y a des points d’attention plus simples comme éviter les répétitions, les tournures trop passives, vérifier la clarté du récit et du ton des dialogues … C’est important pour le confort de lecture. C’est très bien d’avoir d’autres points forts, mais je trouve que le travail du style est une partie nécessaire du travail de l’auteur.

    En revanche je suis très impressionnée par la quantité d’idées en attente, ça doit être génial d’avoir autant d’histoires et de personnages en tête !

    1. Je suis admiratif également pour les 1 mois 1/2 deux mois également. Personnellement, il me faut entre 6 mois et un an (sans la correction), même si plus je travaille plus mon écriture s’accélère. Concernant ta remarque sur le style, je pense que ce que voulait dire Ena est qu’elle ne recherche pas un style compliqué mais veut quelque chose de rapide et d’efficace. Parce que comme la plupart des écrivains, elle passe par une étape de correction.

      Après, c’est vrai que sur le style, personnellement je suis d’accord avec toi, c’est une partie que je soigne au maximum.

  2. Superbe interview! J’adore ! Je me retrouve un peu dedans. Écrire un premier jet en un mois et demi c’est short. Personnellement, il me faut entre 3 et 6 mois quand même. Mais après pour corriger, c’est une autre paire de manche (comme disent les jeunes).
    Je suis aussi assez d’accord sur le style. J’ai peur de vouloir le travailler à tout prix et de finir par passer à côté d’une écriture plus spontanée. Ça ne veut pas dire qu’il n’y pas de correction derrière. Mais parfois, on a envie de dire un truc sans passer par quatre chemins et au final, c’est sans doute aussi bien comme ça. Mais ça n’est que mon avis 🙂

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