Interview d’Astrid Stérin, l’auteure du Page de l’Aurore


interview / jeudi, juillet 25th, 2019

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je reçois Astrid Stérin, auteure du Page de l’Aurore et blogueuse sur l’Astre et la Plume.

Je suis très content de l’interviewer car ça fait un moment qu’on discutait sur Tweeter via les commentaires.

Pour vous dire, on se connaît depuis presque le début du blog.

C’est un donc un véritable plaisir de la recevoir aujourd’hui pour qu’elle nous parle de son livre, de son parcours dans l’édition et de son processus créatif.

Salut Astrid ! Tu sors actuellement un livre intitulé « Le Page de l’Aurore » aux éditions Sylphe Rouge. Est-ce que pourrais-nous dire de quoi ça parle ?

Salut Martin ! Mon livre est un roman d’heroic fantasy. C’est l’histoire d’un jeune garçon, nommé Cœur, qui entre comme page au service de son souverain. Le royaume, qui semble idyllique, est en conflit avec le pays voisin, Torraure, gouverné par une sorcière maléfique dont on sait très peu de choses. Lorsque le conflit s’envenime et que la guerre éclate, le petit Cœur se retrouve embarqué dans des aventures qui le dépassent.

Ta 4e de couverture m’intrigue. On croise deux « il était une fois » pour le protagoniste et pour l’antagoniste. Ça sort de l’ordinaire. Quel a été ton travail autour de la structure de ton roman ?

Il me semble que tu soulèves deux questions différentes 😉 Déjà, je précise que cette 4ème de couverture a été rédigée par mon éditrice (et je l’en remercie beaucoup).

Les « Il était une fois » font allusion à l’atmosphère de conte que j’ai voulu donner à mon roman. Sur la forme, on trouve cette dimension à travers les noms que j’emploie (« le Royaume d’Or », « le Duc de Lyre », « la Marquise de Velours », « la Sorcière de Fer » etc.), et à travers mon style qui est assez imagé et poétique. Sur le fond, c’est le parcours initiatique d’un personnage jeune, avec une dimension morale à la fin.

Quant à mon travail sur la structure du roman, il a été particulier. En réalité, j’avais écrit le premier jet du roman il y a 10 ans en fonctionnant de façon très Jardinière, en écrivant l’histoire au fil de l’eau sans du tout réfléchir à la structure. D’ailleurs, je n’avais aucune idée de ce que serait la fin quand je l’ai commencé !

En reprenant ce texte il y a 2 ans, j’y ai changé beaucoup de choses (notamment la fin) mais la structure est restée la même dans l’essentiel. J’ai une 1ère partie qui présente l’univers et pose le contexte, puis les enjeux se clarifient dans la 2ème partie. Les deux parties suivantes ont un côté « There and back again », comme dans le Hobbit de Tolkien, puisqu’elles évoquent l’une un voyage et l’autre le chemin du retour.

Quelles ont-été tes inspirations pour la création du Page de l’Aurore ?

Ma principale inspiration a été la merveilleuse saga de romans historiques Fortune de France, de Robert Merle, qui suit ses héros à travers la France des Guerres de Religion, entre François Ier et Louis XIV. J’en ai retenu le cadre situé à la Renaissance, cette période qui a sa part de lumière avec l’imprimerie, l’humanisme, l’incroyable prodigalité artistique, et son côté obscur monstrueux avec la violence inimaginable des guerres. J’ai aussi été très inspirée par la relation qui lie le personnage principal aux rois de France qu’il sert successivement, et auxquels il est extrêmement dévoué (notamment Henri III).

De façon plus inconsciente, j’ai aussi été influencée par les écrits de Tolkien (mon héros est clairement un Hobbit dans l’âme) ainsi que par tous les contes de fée que j’ai lus quand j’étais petite.

Comment fais-tu pour construire ton monde et tes personnages ?

Dans le cas de ce roman, sincèrement, je dois dire que j’ai eu de la chance car la plupart des idées me sont venues très spontanément. Je me souviens d’avoir tracé la carte de l’univers un soir où j’étais en prépa et où l’inspiration m’était venue subitement entre un exercice de maths et mes fiches d’économie. La plupart des noms et des concepts (comme les Statues d’Or, deux statues réputées magiques qui représentent le Roi et sont retaillées l’une chaque jour et l’autre une fois par an) datent de la première version du texte.

Lorsque j’ai travaillé la deuxième version, j’ai plutôt approfondi ce qui existait déjà. J’ai travaillé l’évolution des personnages, je leur ai donné des faiblesses et des doutes.

Pour certains lieux précis, j’ai identifié des modèles réels et j’ai construit mes descriptions en m’appuyant dessus. Le palais du Roi d’Or est ainsi la réplique du Petit Palais à Paris, le Théâtre de l’Impertinente Comédie copie le fameux Théâtre du Globe de Shakespeare, et le palais de la Sorcière de Fer ressemble furieusement au Palais de la Cité.

Ton livre « le Page de l’Aurore » sort aux éditions Sylphe Rouge, comment as-tu choisi cette maison d’édition ?

J’ai eu la chance d’être mise en contact avec mon éditrice, Yseult Gouachon, avant même la création officielle de Sylphe Rouge, par l’intermédiaire d’une amie d’amie qui la connaissait. Yseult cherchait des manuscrits dans le genre de l’imaginaire pour lancer sa collection, et j’avais mon vieux manuscrit qui avait été refusé par les grandes maisons d’édition classique.

Ce qui m’a beaucoup plu avec Sylphe Rouge, c’était que mon éditrice a fait confiance à mon histoire malgré les nombreux défauts de débutante que j’avais à l’époque et qu’elle m’a énormément accompagné pour l’améliorer.

Quel type d’accompagnement Sylphe Rouge t’a proposé ? Est-ce qu’ils t’ont aidé dans la diffusion du Page de l’Aurore ?

D’abord, mon éditrice m’a fait un premier retour général sur le manuscrit – retour avec lequel j’étais globalement d’accord, ayant relu le texte d’un œil neuf après l’avoir un peu oublié depuis des années. J’ai commencé à réfléchir aux changements à apporter à mon texte et nous nous sommes vues tous les mois pour en discuter. Je lui envoyais les chapitres retravaillés et elle me faisait ses retours à chaque fois. Après une première vague de corrections j’ai soumis mon texte à quelques bêta-lecteurs, j’ai discuté de leurs remarques avec mon éditrice, puis nous avons repris les retouches chapitre par chapitre.

Nous avons vraiment pris notre temps pour faire tout ce travail : j’ai eu les premiers retours en mars 2017 et j’ai rendu le manuscrit final fin juillet 2018 !

Dans la diffusion du livre, ça a été moins évident car Sylphe Rouge est encore une toute petite maison qui n’a pas beaucoup de moyens. Pour le lancement, elles ont complètement refondu leur site web pour permettre de commander le livre en ligne. En revanche, il est encore difficile de le trouver en librairie car la maison d’édition n’a pas de distributeur et doit démarcher les libraires individuellement. Il y a une attachée de presse qui fait le lien avec les journalistes et j’espère qu’il y aura bientôt des articles sur Sylphe Rouge et ses publications.

Mon éditrice anime aussi une communauté sur Facebook et par email. Il est prévu que nous participions à des salons à l’avenir mais aucune date n’est fixée pour le moment (les salons visés ayant malheureusement tendance à ne pas tenir leur site web à jour…).

En plus de ça, je fais moi-même pas mal de promotion sur les réseaux sociaux (Twitter, Instagram, Facebook), sur mon blog et mon site d’autrice. Pour donner un coup de main, je gère également les services presse auprès des blogueurs et la mise en avant de mon livre sur les plateformes de lecture (Babelio, Goodreads, etc.)

En plus d’être écrivaine, tu es aussi blogueuse. Déjà, première question, comment libères-tu du temps pour écrire sur ton blog ET travailler sur tes romans ?

Haha, parfois je me pose la question moi-même 😉 Je pense que j’ai d’abord des circonstances favorables : j’ai des horaires de travail raisonnables, j’habite près de mon lieu de travail donc je ne perds pas de temps dans les transports, et je n’ai pas de famille à gérer.

Pour le reste, c’est un peu une question de priorité. J’adore écrire et travailler sur mon blog, donc je n’ai pas l’impression de faire un sacrifice si je renonce à regarder une série ou à avancer sur un jeu vidéo. Mais je te rassure, je garde quand même une vie sociale.

Et puis je suis assez têtue : quand je me fixe un objectif, je le suis sans trop me poser de question. J’ai pris pour habitude de me lever plus tôt pour écrire et d’écrire un article par semaine, donc je me débrouille pour le faire régulièrement même si ça rogne parfois sur mes heures de sommeil.

Il n’y a pas de recette magique : les choses importantes prennent du temps. Ecrire un livre, c’est extrêmement long, alors si je n’y passe qu’une demi-heure par semaine je sais que je n’en viendrai jamais à bout. Et je tiens à ce que mon blog continue à attirer toujours plus de visiteurs pour me faire connaître et échanger avec plein de gens, donc pour ça il faut que je reste régulière.

Deuxième question, est-ce que devenir blogueuse t’a aidé à vendre plus de livres ?

Je ne sais pas précisément. En fait, je n’ai pas accès en direct à mes chiffres de vente donc je ne sais pas exactement combien de livres j’ai vendus, ni à qui. Pour l’instant, ma famille et mes amis ont fait preuve de beaucoup d’enthousiasme et c’est à eux que je dois l’essentiel de mes premières ventes.

Cependant, je sais qu’au moins quelques personnes ont acheté mon livre après avoir découvert mon blog et j’ai bon espoir que cette source de lecteurs se développe dans la durée. Tous ceux de mes proches qui comptaient acheter mon livre l’ont déjà fait, alors que je peux continuer tous les jours à toucher de nouveaux lecteurs inconnus.

Dernière question, quel est le livre qui t’a donné envie d’écrire ?

J’avais répondu à cette question dans un tag que m’avait proposé Léa du « Bazar de l’Imaginaire » et, comme à l’époque, c’est une question à laquelle j’ai un peu de mal à répondre. Je n’ai pas souvenir d’un livre particulier qui m’ait donné un déclic, je crois avoir eu envie d’écrire depuis à peu près l’âge de 10 ans.

En revanche, Harry Potter et Le Seigneur des Anneaux m’ont certainement aidée à mettre le pied à l’étrier par l’intermédiaire de toutes les fanfictions que j’ai écrites sur ces univers ! Et c’est certainement grâce à eux que le genre de la fantasy est celui qui m’a attirée en premier.

Un très grand merci Martin de m’avoir proposé cette interview !  Je suis très honorée de pouvoir m’exprimer et parler de mon livre sur ton blog qui est l’un des plus éminents sur la scène des blogs d’écriture 🙂

De rien Astrid! ça m’a fait plaisir. Merci d’avoir répondu à mes questions 🙂

Pour les personnes intéressées, Vous pourrez retrouver Le Page de l’Aurore sur le site des éditions Sylphe Rouge.

ps: si vous voulez continuer votre plongée dans les coulisses des auteures, j’ai interviewé l’auteure Marièke Poulat du blog Mécanismes d’histoires.

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2 réponses à « Interview d’Astrid Stérin, l’auteure du Page de l’Aurore »

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